En 2023, j'ai fait 494 contributions GitHub. En 2025, 2125. En 2026, je vais dépasser les 3500. Mon temps libre, lui, n'a pas bougé d'un pouce : quatre heures par semaine pour mes projets perso.
Pendant des mois, j'ai vécu ça comme une excellente nouvelle. Vingt-cinq ans de développement, d'infra et de SRE derrière moi, et enfin les outils pour réaliser ces idées qui finissaient toutes dans un carnet. Un site refait en TypeScript, un jeu Unity traduit par IA, un livre, un bot de trading, des dizaines de pull requests open source. Puis j'ai fini par m'arrêter assez longtemps pour regarder ce que ça avait coûté.
Pas un burnout. Pas de nuits blanches, pas d'heures supplémentaires visibles. Quelque chose de beaucoup plus discret : un téléphone devenu atelier de poche, les trajets, les files d'attente et les trente secondes d'ascenseur remplies de prompts, et un cerveau qui ne s'éteint plus le soir. L'IA n'a pas remplacé mes compétences, elle les a amplifiées. Au passage, elle a supprimé des frictions qui me protégeaient, et révélé la vraie limite que j'avais sous-estimée : mon attention.
Dans ce talk, je raconte cette dérive sans la moraliser. Mes chiffres, ce que dit la recherche récente sur la fatigue cognitive liée à l'IA (et pourquoi elle ne ressemble pas au burnout classique), et pourquoi ce piège se referme d'abord sur les utilisateurs avancés, ceux qui savent trop bien se servir de ces outils pour s'arrêter.
Je n'ai pas de méthode à vendre ni de conversion à raconter : j'utilise toujours ces outils tous les jours et je ne veux pas revenir en arrière. Juste un retour d'expérience honnête sur ce que ça fait à quelqu'un qui les utilise beaucoup, et sur ce qu'il reste à réapprendre.